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SAINT-QUENTIN – Être étudiant et patron en même temps

SAINT-QUENTIN – Être étudiant et patron en même temps

L’association Pépite organise actuellement des réunions en ville pour promouvoir le statut d’étudiant entrepreneur. Elle en soutient 25 en Picardie dont quatre localement.

Il tient déjà la pose. Installé dans le fauteuil comme un patron. Certes, le temps d’une photographie, Simon Charpentier prend cette pause avec naturel. Il faut dire que cet étudiant au lycée d’Ameublement de Saint-Quentin a déjà tout d’un chef d’entreprise, du haut de ses 21 ans. Il a le statut d’entrepreneur. Pas question de perdre du temps, il profite de ses études pour monter, en parallèle, sa petite entreprise avec un camarade de classe.

Une affaire portée par le Pôle étudiant picard pour l’innovation et le transfert et l’entrepreneuriat ou, en raccourci, Pépite. Ce dispositif né il y a un peu plus d’un an a pour objectif d’aider les étudiants à devenir des patrons. Et ce, en même temps que leurs études. « Pourquoi attendre » serait presque la question en filigrane. L’association met en place des réunions actuellement en ville pour inciter les étudiants saint-quentinois à s’investir. La première a eu lieu mardi 19 janvier, dans les locaux du Faubourg numérique, rue du Général-Leclerc.

Bientôt une convention avec l’Université

Simon Charpentier a pris place autour de la table à laquelle sont conviés deux chefs d’entreprise du secteur : Vincent Demortier, de 4planet, et Dominique Fernande, de Picardie transports et également adjoint au maire chargé des partenariats extérieurs et de la promotion de la ville. En grand patron, Simon Charpentier, l’étudiant, explique brièvement son projet d’avenir : «  Faire des meubles d’ébénisterie de luxe  » au travers d’une société nommée Inomis. Lui serait dans l’atelier et son collègue associé gérerait la partie commerciale, la gestion. «  C’est notre cap  », glisse-t-il. C’est lors de leur cursus que l’idée a germé. «  Ce statut d’étudiant entrepreneur nous ouvre des opportunités, nous aide à avoir des outils  », à être entourés…

Et c’est le message que Pépite souhaite faire passer. «  Nous les aidons à se structurer  », indique Lucie Alonso, la coordinatrice régionale. Le sérieux de l’étudiant est étudié. «  Ce n’est pas parce qu’il vient nous dire qu’il a envie de créer un camping, car sa tante en a un, qu’il sera suivi  », sourit la jeune femme qui note un développement fulgurant en un et demi. «  Actuellement, nous avons 25 projets sur la région dont quatre à Saint-Quentin.  » Trois concernent des étudiants à l’Insset et le quatrième, celui de Simon Charpentier.

«  C’est ce qui nous manquait à Saint-Quentin, indique Frédérique Macarez, la maire de Saint-Quentin. Nous avons des filières technologiques, mais pas de formations en management. C’est un peu notre faiblesse sur le territoire. Nous allons signer une convention avec l’Université de Picardie. Mais ces rendez-vous vont déjà permettre de créer une culture de création d’entreprise.  » Une façon également de lutter contre le chômage des jeunes. En somme, à défaut d’avoir un emploi à la sortie de l’université, autant le créer.

«  Aujourd’hui, vous n’avez pas grand-chose à perdre  », relève Vincent Demortier, comme pour souligner que c’est le bon moment de se lancer. «  La meilleure façon de s’en rendre compte, c’est d’y aller, d’essayer. » Et ce dernier de concéder que dans le monde du numérique, «  on peut y passer, le tester beaucoup plus vite  », à l’image de l’ascension de sa propre entreprise. «  De l’extérieur, cela peut apparaître comme de la chance, mais il faut voir le travail au quotidien, le sacrifice  », confie Vincent Dumortier. Les jeunes autour de la table ont l’oreille attentive. «  Nous, nous voulons garder cette éthique de métiers d’art. Il y a un temps de fabrication que l’on doit prendre en compte, mais on ne peut pas non plus se passer du numérique  », glisse un étudiant du lycée d’Ameublement. Simon Charpentier acquiesce. «  Nous ne prenons pas les choses à la légère, on ne veut pas se tromper.  »

«C’est possible, n’ayez pas peur»

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L’AVIS DE LUCIE ALONSO, coordonnatrice régionale du dispositif Pépite.

« Il faut savoir qu’il n’y a pas d’obligation de résultat. Si vous avez cette volonté de créer, vous le pouvez et, en somme, pourquoi attendre d’avoir votre diplôme ? Autant ne pas perdre de temps. Bien que la priorité reste les études et le diplôme. Ce statut d’étudiant entrepreneur permet de créer une entreprise en étant entouré. Les étudiants ont beaucoup d’aides, nous sommes là pour mettre en lumière leur projet. Et ils ne sont pas obligés de faire leur stage d’étude dans une autre entreprise, cela peut être la leur. Ils acquièrent déjà de l’expérience. Nous sommes là pour les sensibiliser à tout cela. Le message, c’est que c’est possible, n’ayez pas peur. Nous voulons créer des entreprises dans le territoire. »

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